10 mars 2013

Zegut


Zegut. Tout le monde connait son nom. LE mec qui nous donne l'actu musicale du moment. LE mec qui nous fait encore une émission de musique digne de ce nom (Pop Rock Station sur RTL2 pour les incultes). J'ai eu la chance de pouvoir le rencontrer fin février pour lui poser deux-trois questions sur son parcours et son métier. Lecture !


Quelles sont les études que tu as faites pour en arriver là aujourd’hui ?
Je suis d’une génération qui remonte un peu à loin. Je n’ai qu’un certificat d’étude, et j’ai directement commencé à travailler après. Je n’ai ni bac ni quoique ce soit d’autre. On peut dire que je suis autodidacte.

As-tu toujours eu envie de faire ce métier ?
Non. Mon seul souhait était de travailler dans la musique d’une manière ou d’une autre. Pour moi, la musique a été comme un refuge quand j’étais môme. J’ai été placé à droite et à gauche à la DASS et mon seul lien avec l’extérieur était un poste de radio.  Elle est devenue pour moi une alliée pour m’évader. Vers l’âge de 8-9 ans, j’ai commencé à acheter de la musique ; mes premiers 45 tours des Beatles. Et puis ça s’est enchaîné. Avant de rentrer au standard de RTL  en 1976, j’avais 5000 vinyles chez moi. J’ai fait plein de petits boulots : convoyeur, typographe, etc. et tout le fric que je gagnais passait dans la musique. Quand je suis rentré au standard, je me suis dit : « tiens, j’aimerais bien m’occuper de la programmation pour une émission un peu rock & roll ». Et c’est ce que j’ai fait après, pour Jean Bernard Hebey en 1979. En 1980, ils ont instauré une grille d’été pour laquelle ils cherchaient des jeunes animateurs. Il y a donc eu appel à auditeur, et j’ai préparé une maquette sur le hard rock. Ça a commencé comme ça. Mais je ne me destinais pas à devenir animateur. Je me voyais plutôt programmateur.

Je suppose donc  quand même que tu aimes, voire adores, ce que tu fais ?
Oui. Pour moi, la musique est un guide, une amie, une maîtresse, enfin c’est toute ma vie quoi. Il n’y a donc jamais un jour où je me lève et je me dis que je vais me faire chier. Vraiment jamais. C’est perpétuel. Si ce n’est pas ici, c’est à la maison où je fais les programmes, où je cherche des trucs,  où je vais sur internet. Toujours en train de chercher. Je crois qu’il faut être curieux. Il y a la curiosité mal placée, mais la vraie curiosité, c’est-à-dire chercher à rencontrer les gens, dialoguer, échanger, être curieux de la vie, c’est une grande qualité, dans ce domaine là comme dans un autre.

Peux-tu m’expliquer les tâches que tu effectues chaque jour ?
Le matin, chez moi, je commence par mettre mon blog à jour, en cherchant des news qui vont resservir le soir pour l’émission, et je fais la programmation. J’arrive à RTL vers 15h, et je rebosse ici au bureau, pour chercher encore plus de news. En fait c’est une quête perpétuelle.

D’ailleurs, où trouves-tu toutes ces informations ?
Une partie vient de sites tels que RollingStone, NME, ou Q magazine. L’autre partie concerne tout ce qui est concert et parisien. Là j’ai mes sources qui me rencardent. C’est un mix de tout ça.

Je suppose qu’il y a un rythme de vie assez difficile avec un métier comme celui là ?
C’est vrai. Mais j’ai toujours aimé bosser la nuit. C’est une histoire de pseudo-liberté. C’est-à-dire que je viens bosser à 14-15h, j’ai pas de bagnole pour venir, je repars à minuit j’ai pas de bagnole, donc je me sens un peu plus libre. Avec le fait de bosser le soir, il y a aussi une autre approche de la radio, et une autre écoute. Ce n’est pas le même public. Quand tu viens à partir de 20h sur une radio c’est qu’il y a un programme bien particulier qui t’intéresse. Et j’aime cette proximité qu’il peut y avoir avec les gens de cette manière.

Penses-tu continuer encore longtemps ?
Tant que ça fonctionne comme ça fonctionne en ce moment, tant que je suis à la prog’ à 100% et que ça se passe dans ces conditions, il n’y pas de raison d’arrêter.

Qu’est-ce que ça fait de parler seul, « devant » des milliers de personnes ?
Pour moi ça a toujours été quelque chose d’extraordinaire. Je suis allé au salon Longueur d’Ondes à Brest, où j’ai rencontré plein de monde. Il y avait 300-400 personnes, et je faisais une sorte de conférence sur la radio la nuit. Ce qui me fascine toujours, c’est que des gens écoutent ; tu sais que tu leur parles, mais tu ne les vois pas et ça a un coté fantasmagorique assez sympa. Et tu t’aperçois aussi que de temps en temps  t’as dit quelques mots, une phrase, que t’as passé un disque, et que les gens l’ont « chopé » de l’autre côté, et qu’ils sont devenus profs de guitare, journalistes, où qu’ils ont continué dans la mécanique parce qu’ils écoutaient ça dans le garage. J’en ai eu 2-3 qui m’ont dit « On t’a écouté quand on était mômes et ça nous a évité de faire des conneries » du fait que l’émission passait de 23h à minuit. J’ai ce retour là maintenant, de gens qui ont 35, 40, 45 ans, qui ont eu 15 ans ou 20 ans à cette époque là et qui sont maintenant installés dans la vie, avec une femme et des gamins. Et quand t’entends ça 20 ans après, tu te dis que tu n’as pas trop mal fait ton boulot. Pour la conception du métier d’animateur que j’ai, pour moi ça vaut tous les compliments, toutes les récompenses, quand quelqu’un vient te parler 5 minutes pour te dire ça. Ce n’est pas juste une question de métier, c’est également une question d’échange. De croire à des choses, d’en parler et de t’apercevoir que de l’autre côté il y a une personne, ou dix mille, ou cent mille, qui peuvent apprécier la musique que tu passes.

Des conseils à donner à des personnes qui comme moi, aimeraient faire ce métier ?
C’est difficile. A partir du milieu des années 1990, internet est apparu, et à ce moment là c’est devenu du business. Tout s’est formaté, tout est devenu une histoire de profit, de pertes, et on a oublié : les idées d’abord, le fric après. Et je vous souhaite bien du courage ! Les conseils que je pourrais vous donner c’est de rester curieux, et d’utiliser les outils qui sont à votre disposition maintenant : iPad, téléphones, GoPro, etc.
Pour faire de la radio, il faut passer le cap terrible de la timidité. Moi aussi j’ai été super timide, un peu introverti. Mais une fois que tu as passé ce trac, tu prends de plus en plus d’assurance. Et c’est en faisant tous les jours le même métier que tu vas apprendre, avec l’expérience, à rebondir. Tu ne peux pas être un animateur parfait dès la 1ere semaine.
Il faut que toutes les couilles te soient arrivées, c’est-à-dire coupure d’antenne, un disque qui foire… en fonction de ce qu’il y a avant, après, tu racontes une connerie,  ou tu parles des dates de concerts, enfin… il faut avoir tout ça présent à l’esprit. Les news sont donc vitales, si il y a un plantage, ça permet de rebondir.  Mais ça, c’est au fur et à mesure du temps. Tu prends un micro chez toi et tu t’enregistres. Tu demandes à un copain de te retirer le micro ou de faire tomber quelque chose et tu apprends à combler à la place. Ce n’est pas forcément raconter une news. A  la limite ça peut également être raconter un truc qui va faire rire etc.

Et les contacts sont-ils importants ?
Oui, il faut connaître du monde, il est vrai que ça peut être utile. Mais il faut surtout avoir envie. Si tu es sûr de toi, de ton travail,  il n’y a pas de raison que tu n’ailles pas frapper aux portes, que tu n’envoies pas de mails etc. Il faut se donner les moyens.





Encore un grand merci à Tonton Zegut pour avoir pris le temps de me recevoir ! 




4 commentaires:

  1. Bravo,
    super rendez vous avec tonton zézé.
    bonne route.
    loicdevaise

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  2. Un Monstre , tu a de bonnes inspiration et je t’espère la réussite dans tes projets .

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  3. Très bon choix pour prendre des conseils .

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  4. Tu déchires ma belle (je bosse pas avant demain et je bloggue du coup j'ai lu tes derniers articles et j'aime GRAVE) ! <3

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