27 mai 2011

Hangar

Alors que le concert de Metz est malheureusement annulé, les six garçons d'Hangar se rendent à Freyming-Merlebach pour un showcase exceptionnel. Pendant les balances, l'un des guitaristes reprend un tube des Stones, sous le bon regard des cinq autres. Comment ne pas aimer ces mecs? Après un show d'une heure pour le moins privé, une cinquantaine de personnes présentes, nous rencontrons trois d'entre eux.


Liv: Alors, racontez-nous comment vous vous êtes rencontrés.
Antonin: En fait si tu veux c'est une rencontre de plusieurs petits groupes locaux de chez nous. Romain et Florent, les deux guitaristes, et Nicolas, le bassiste (qui est mon voisin), avaient un groupe ensemble. Pierre-Marie et Béru faisaient partie d'un autre, et moi d'un autre encore. Je connais Béru depuis le primaire.  En fait, ce sont de vieilles histoires qui se croisent. Et la fête de la musique réunit un peu les gens, tu vois. Sur scène, je passais juste après Romain. Je l'ai rencontré en backstage, on a rigolé un peu, et le lendemain, on se revoyait. Moi j'avais un hangar,  au bord de l'eau. Un jour, je les vois arriver par la plage, et Romain me dit "on a besoin d'un chanteur". J'ai tout de suite dit "ok". Et petit à petit ça s'est fait, c'est parti de là. La rencontre s'est faite chez nous, dans le Sud-Ouest. On a été amené à se rencontrer, tu sais, c'est un endroit ou il n'y a pas vraiment beaucoup de monde. 

Liv: Comment est-ce que vous êtes arrivés là où vous en êtes aujourd'hui?
Antonin: il y a eu beaucoup de choses. D'abord, si tu veux, on est parti du hangar à la pointe du Cap Ferret. C'est comme un bout du monde, on était au bout de la pointe. On a commencé a "remonter", on est partis de notre hangar pour aller au bar le plus proche qui s'appelle le 44; c'est un petit bar de chez nous. On a commencé à y faire pleins de concert. Puis on a continué à en faire autour de chez nous, dans la presque-île, autour du bassin (d'Arcachon). Ensuite, on est allé à Bordeaux, la grande ville la plus proche et on a commencé à faire vachement de bruit dans la région. Des années plus tard, on avait déjà fait beaucoup de concerts, des centaines et des centaines, mais on s'était toujours produits tous seuls. Et puis un jour , une maison de disque, Roy Music d'Olivier Chini, a entendu parler de nous, ça a fait un buzz sur Myspace et il nous a fait signer notre premier contrat, pour jouer à Paris. Ça s'est enchaîné, et voilà ou on en est.

Liv: Pourquoi avoir décidé de chanter en français, alors que tous les jeunes groupes de maintenant se mettent à l'anglais?
Antonin: C'est le français qui nous à choisi. Chez nous, on est le seul groupe, et mine de rien on a grandi dans un endroit un peu protégé, abrité…

Liv: Donc ça s'est imposé à vous…
Florent: Le problème c'est que, si maintenant, comme tu dis, tous les groupes s'amusent à chanter en anglais, c'est fini pour la langue française, tu vois c'que j'veux dire… Tu peux plus t'exprimer.
Antonin: Voila, avec le français, on peut exprimer des choses que l'on ressent profondément, on peut jouer avec les mots… Après c'est aussi devenu une affaire de volonté. Au début c'était naturel chez nous. À la base, on s'est mis à raconter des histoires de chez nous, en parlant à des gens du coin. Donc on parlait en français parce qu'on le voulait,  et parce que c'était plus facile pour nous. On avait vraiment envie de parler aux gens qui venaient à nos concerts. On voulait qu'ils entendent vraiment le fond de notre pensée et le fond des choses. C'était également le meilleur moyen de réunir des gens. Je respecte les groupes qui chantent en anglais, mais c'est un peu dommage. Le français c'est quand même très beau. C'est  aussi pour rendre hommage à tous ceux qui ont chanté en français avant nous.

Liv: Après l'incendie qui a ravagé le hangar, Antonin s'est écrié "Le hangar est mort, vive Hangar!". C'est devenu votre slogan?
Antonin: Le hangar est mort, vive Hangar, c'est comme "Le roi est mort, vive le roi!". C'est une manière de ne pas se laisser abattre. Je vais te dire, on n'était pas abattu. C'est violent ce qui nous est arrivé. Moi j'étais dedans, donc j'ai vu le truc de très près, mais c'est une manière de dire qu'on en est sorti bien plus fort. Tu vois, on était hyper attaché à notre hangar, c'était notre instrument principal et on l'a perdu . Et ce que le feu ne tue pas, le rend plus fort. C'est Oscar Wilde qui disait ça, d'une autre façon certes, et c'est quelque chose qui est vrai. Cette histoire nous a vachement rapproché, on s'est senti un nouveau départ tu vois. On s'était dit que maintenant qu'on avait plus le hangar, on était obligé d'aller sur la route et d'y aller à fond quoi. Finalement, il s'est passé quelque chose qu'on peut traduire de positif. On ne s'est pas laissé atteindre.

Liv: Sur scène, tu as dis quelque chose qui ressemblait à "C'est grâce à elle qu'on est là, Paola". Prénom qu'on entend également dans une de vos chansons ("Antonin"). Mais, c'est qui cette Paola?
Antonin: Je pars d'une histoire qui est personnelle en fait, mais je n'ai pas voulu révéler la véritable identité. Je ne connaissais pas de Paola. Cette Paola, c'est aussi une manière de rendre hommage à nos muses, celles qui me donnent envie d'écrire. Tu vois, il y a quand même un truc entre l'homme et la femme en général, et les déclencheurs pour moi ce sont pleins d'écrivains, de peintres, ou autres. C'est également une manière de rendre hommage à ça. Dans cette chanson, il y a du second degré. Elle est très "Hangar" parce que je pars d'un truc simple, je mets de l'humour dedans. C'est jamais trash, c'est rendre hommage, et c'est jouer avec les mots. Mais Paola, c'est quelqu'un qui compte beaucoup. C'est même le logo du groupe sur le CD, dessiné par les soins de ma soeur. Paola, c'est une muse, c'est notre muse.

Liv: Quelles sont vos influences musicales? A part les Stones, qui je sais est l'un de vos groupes préféré?
Romain: Il faut écouter un disque qui s'appelle Exile On Main Street…
Liv: Oui, c'est sûrement leur meilleur album, effectivement.
Antonin: Il y a beaucoup d'influences. Les Stones, c'était vraiment le ciment du groupe, c'est un peu le truc qui nous réuni. On est tous d'accord sur les Stones. Si on met le disque des Stones dans la voiture, en général tout le monde est d'accord, sauf notre bassiste qui tire un peu la gueule. Les Stones, c'est vraiment une influence majeure. Après chacun en a des plus personnelles. Moi par exemple il y a aussi Leonard Cohen, Cat Stevens, les Doors, Renaud, Georges Moustaki…
Florent: Moi j'aime beaucoup Brigitte Fontaine par exemple…
Antonin: Après je me souviens qu'en CM1, le prof apprenait la guitare à ceux qui le voulaient, et ils nous a appris des grands classiques français: Georges Brassens, Léo Ferré… et c'est vrai que ça aussi ça m'a vraiment beaucoup influencé. C'est ce qui m'a donné envie d'écrire des chansons.

Liv: Quelqu'un avec qui vous aimeriez partager une scène?
Antonin:  Avec toi. T'as une guitare, t'as une voix, moi j'te suis. J'aimerai partager une scène avec n'importe qui, et pas qu'avec des musiciens reconnus. je fais de la musique aussi pour la spontanéité. Pour ces choses là, je calcule pas. Par contre il est vrai qu'on a eu la chance de jouer avec -M-.  Donc avec n'importe qui d'un peu fou et de motivé.












Antonin et Romain

De gauche à droite: Florent, Béru, Moi, Antonin, Romain, Pierre-Marie et Nico

2 mai 2011

Ma rencontre avec Yoko Ono

Devant le Dakota
Il y a 9 mois, en voyage à New York,  je vais me poster devant l'entrée du Dakota Building avec un pincement au coeur. Hommage à un Dieu: Lennon. Il était tout simplement inconcevable pour moi de ne pas y passer, fan que je suis. Redescendant dans la partie Strawberry Fields de Central Park, je m'arrête bien évidemment à la plaque "Imagine", dédiée en son honneur. Je continue mon chemin, et là, c'est LE choc. Des gens s'affairent autour d'une seule et unique personne. Non, ce n'est pas possible, j'ai du rêver. Ça ne peut pas être elle... Je m'avance. Maintenant j'en suis sûre, c'est bien elle. Moi, petite française en vacances dans la Grosse Pomme, me trouvait à un mètre de Yoko Ono. J'ai le coeur qui va lâcher. Je n'en reviens pas. Je ne sais pas si vous pouvez imaginer ce que j'ai pu ressentir à ce moment là. Moi, grande fan de Lennon et des Beatles, je rencontrais celle qui avait changé sa vie, et la leur. Je n'ai pu avoir qu'une photo avec elle, et un faible sourire de sa part. Oui, je l'avoue, un peu déçue de n'avoir pu échanger quelques mots avec elle. Mais je me suis vite rendue compte que c'était déjà énorme et que j'avais eu une chance inouïe. 
"Imagine"
Alors oui, je sais ce que vous allez vous dire. Il y a deux solutions possibles: soit vous vous dites "la chance!", soit c'est plutôt "je ne comprends pas, elle se dit être fan des Beatles, et elle admire celle qui les a détruit". A ceux là, je leur répondrais qu'ils n'ont pas tort. Oui, à la fin, Lennon s'occupait plus d'elle que du groupe. Je n'ai rien à redire sur ce point là, c'est la stricte vérité. Mais attendez un peu, cela faisait déjà quelques années qu'il en avait marre du groupe. L'ambiance interne n'était déjà plus la même depuis longtemps. Il n'y régnait que rivalité.  Le fait que Yoko soit arrivée, les a peut-être aidé finalement. Ils auront arrêté leur carrière quand il le fallait. Juste au bon moment, avant que tout n'explose et laisse une mauvaise image de ceux qui ont influencé des millions de jeunes dans le monde entier. Au moins, ils n'auront pas fait l'album de trop. Je suis désolée, mais oui, j'admire cette femme, et l'influence qu'elle a et qu'elle a pu avoir. 
Voilà, je tenais juste à vous faire partager, au départ, un grand moment pour moi. Et dire ce que j'avais à dire par la même occasion.
J'aime les Beatles, et Lennon. C'est tout.

Liv T.


Yoko Ono, et moi

RENCONTRE - ITALAO

La rencontre musicale entre trois italiens et deux laotiens se résume en un mot: Italao. Le groupe, originaire de Metz, n’a cessé de progressé depuis leurs débuts en 2005. Composé de Jimmy au chant, d’Yvan à la guitare, de Jerome à la batterie, de Samolay à la basse, et de son frère, Asa, à la guitare, au clavier et au chant, Italao ne cesse de se produire dans la région. Rencontre avec quelques membres du groupes.

Liv: Bon, les mecs, on vous connait pour vos reprises de chansons pop/rock. Mais depuis quelques temps, il y a une rumeur qui circule, comme quoi il serait possible que vous sortiez un album avec des compos rien qu'à vous. Alors, mensonge, ou stricte vérité?
Jimmy: C'est une bonne rumeur. Je pense que comme tout groupe, on a envie de composer, mais ce n’est pas vraiment facile. Le groupe, c'est une passion, mais nous travaillons tous. Jusqu'à maintenant, le problème était de trouver le temps. Mais nous allons finalement bientôt pouvoir nous réunir pour composer, créer un album, et évoluer. 


Liv: Et l'album, il sera en français, en anglais, ou en italien? 
Jimmy: L'anglais, c'est ce qui passe le mieux, mais après, il faut que la forme soit nickelle. Chanter en français, c'est plus dur, parce qu'après, c'est les paroles qui doivent vraiment être captivantes pour que les gens puissent être à fond dedans. Il y aura un mélange je pense. Un peu d'anglais, de français, d'italien, voire même de laotien… 
Samolay: On va se démarquer.
Jimmy: Exactement.

Liv: Quels sont les artistes ou groupes qui vous inspirent le plus?
Jerome: Metallica...
Jimmy: Tout ce qu'on fait en ce moment avec Italao représente nos influences: Lenny Kravitz, Muse, Radiohead, Foo Fighters, ou encore Eros Ramazzotti… Même s'il est vrai que nous avons chacun nos préférences.

Liv: Vous avez toujours été 5, mais des changements se sont faits. Maurizio (clavier), ou encore Vincent (guitare) ont quitté le groupe. Yvan les a remplacé. Qu'est-ce qui a changé depuis son arrivée?
Jimmy: C'est devenu beaucoup plus rock. Avant on était plus variété...
Samolay: Ou romantiques...
Jimmy: Avant on ne faisait que des concerts pour des mariages, etc. Maintenant on tourne dans des bars où on peut se lâcher davantage… Yvan nous apporte plus de guitare, de solos. Ca bouge beaucoup plus.

Liv: Il vous arrive de faire des concerts (Italao & Guest) où vous invitez d'autres musiciens à venir jouer avec vous sur scène. C'est pour votre plaisir personnel? Pour les faire connaitre?
Jimmy: En fait nous à l'époque on aurait aimé avoir ça, avoir des groupes qui nous prennent sur scène pour nous faire découvrir, mais on n'a pas eu cette chance.
Jérôme: C'est aussi pour le plaisir de partager la scène…
Jimmy: Et faire découvrir de nouveaux artistes à tout le monde. Il y a beaucoup de gens dans la musique qui sont inconnus et qui méritent d'être connus. C'est pour ça. On connaît par exemple Julien qui est un super chanteur, mais aussi des chanteuses et des guitaristes qui sont très bons, mais ils n'ont pas la possibilité d'avoir une scène pour eux, donc on leur offre cette chance là.

Liv: En parlant concert… vous avez prévu de tourner un peu dans le reste de la France?
Jimmy: C'est sûr, c'est ce qu'on voudrait. Pour le moment on tourne dans la région grâce aux reprises et à notre côté un peu "festif". On met l'ambiance, les gens aiment bien ça… Cet été on va beaucoup tourner sur Metz. Mais il est vrai que pour le moment, tourner en France, avec des reprises, c'est impossible. Quand on aura l'album, là on pourra commencer à faire des promotions un peu partout en France si on le peut.

De gauche à droite: Jimmy, Yvan, Jérome, Asa, et Samolay




Leur site, ici !