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| Philippe Manoeuvre a toujours la "banane"... du Velvet |
Philippe Manœuvre, devenu une star grâce à son rôle de juré dans l'émission de télé-réalité A La Recherche De La Nouvelle Star, est surtout le rédacteur en chef du magazine Rock & Folk. Il a eu la gentillesse de prendre quelques minutes pour répondre à nos questions. Qu'on l'aime ou non, il faut tout de même avouer qu'il est fort en la matière. Rencontre avec la Bible française du rock.
Tout d'abord, quelles sont les études que vous avez faites pour en arriver où vous en êtes aujourd'hui?
Eh bien, j'ai passé mon Bac en 1972 pour ensuite faire partie de l'école française des attachés de presse, d'où je suis diplômé. J'ai commencé à écrire chez Rock&Folk en 1973 au courrier des lecteurs.
Pour ces études, êtes-vous parti à l'étranger?
Je suis parti à New York pendant six mois, ce qui fait que je parle couramment anglais. Après je suis allé un peu partout. Allemagne, Angleterre, Etats-Unis, etc.
Avez-vous toujours eu envie de faire ce métier?
J'ai toujours eu envie de faire quelque chose qui se rapportait à la musique et au rock en particulier. Quand j'ai eu cette idée d'être critique rock en 1973, j'ai eu beaucoup de chance puisqu'il n'y avait pas autant de chômage, et on m'a donc un peu laissé faire « mon trou » dans le métier. Je venais a Rock&Folk souvent pour discuter avec les journalistes, pour comprendre comment ça se passait. C'était vraiment un journal qui me fascinait et je trouvais ça bien écrit. Aujourd'hui je continue à chercher de jeunes gens passionnés par la musique; c'est intéressant. En tout cas, il est vrai que je n'aurais jamais imaginé un jour être rédacteur en chef de ce magazine.
De ce fait, je suppose que vous aimez votre travail?
Évidemment.
Quelles sont les tâches que vous effectuez chaque jour?
Vous savez ce n'est pas très compliqué. Il faut définir le prochain numéro, définir la couverture, hiérarchiser l'information. Je dois gérer toute une équipe, leur dire ce qu'ils doivent faire, comment faire, les corriger si besoin. C'est un peu en quelque sorte un « boulot » d'instituteur. On va également voir nos amis les maisons de disques, pour écouter ce qu'elles nous proposent.
Le rythme de vie n'est-il pas difficile avec un métier comme le votre?
Non, pas vraiment. Et puis il faut savoir que j'ai fait tout ça par amour pour la musique, pour pouvoir rencontrer tous ces grands musiciens, pour en savoir plus sur eux. Je ne me voyais pas trop faire autre chose. Vous savez, je suis un peu comme Bertrand Cantat, je ne sais rien faire d'autre.
Pensez-vous faire ce métier toute votre vie?
J'ai 56 ans, je n'ai pas changé, je suis toujours le même. Faire ce travail, c'est mon quotidien, c'est ma passion. Je ne compte pas arrêter maintenant.
On vous connait également en tant que scénariste de bandes dessinées et pour votre participation à la Nouvelle Star. Cette diversification des métiers, c'est un choix?
En dehors de mon métier de rédacteur en chef, le reste n'est que propositions. Ce ne sont pas du tout des choix de carrière. En tant que rédacteur en chef de la revue de bandes dessinées de science fiction Métal Hurlant, j'ai reçu pas mal de propositions pour être scénariste. Pour la Nouvelle Star, on m'a contacté, pour me dire que les gens chantaient de plus en plus de rock, et qu'il leur fallait l'avis de quelqu'un qui s'y connaissait.
Pour interviewer les artistes, est-ce que vous vous déplacez beaucoup à l'étranger? Ou cela se fait-il la plupart du temps à Paris?
Il y a autant de cas de figures qu'il y a d'artistes. La semaine prochaine on a quelqu'un qui fonce à New York voir les Kings Of Leon, et il y a Keith Richards qui vient à Paris. C'est comme ça pour chaque artistes et chaque groupes.
Et selon vous, quel est ou quels sont les espoirs du nouveau rock français? Les BB Brunes peut-être?
Ecoutez c'est bien parti pour eux. Ils sont là en ce moment et ils s'éclatent, ils font une bonne tournée, de bons concerts. Ils sont sortis de cette petite vague du Gibus qui a duré 3 ans. Entre les Naast, les Second Sex, les Plasticines ou même encore les Prostitute, ce sont les BB Brunes qui ont été choisis, mais ça ne nous a pas surpris outre mesure. Je vais vous dire, à mon époque, il s'est passé la même chose avec Téléphone et d'autres groupes, et c'est Téléphone qui a été choisi. C'est toujours comme ça que ça se passe. L'avenir des BB Brunes est entre leurs mains en ce moment. En tout cas la musique avait besoin d'eux. Et nous à Rock&Folk on en avait besoin aussi, malgré notre respect, pour les Stones, Bowie ou autres, qui ont quand même 60 ans. Les BB Brunes sont venus tous seuls. Au Gibus tous se croyaient seuls, aucun ne pensait aux autres groupes. Notamment les BB Brunes. Ils croyaient vraiment qu'ils étaient les derniers. Quand ils sont arrivés au Gibus je me souviendrai toujours de leurs têtes. Ils voyaient qu'il y en avait d'autres, pleins de gamins lookés comme eux.
Quels conseils pourriez-vous donner à des jeunes comme moi qui aimeraient faire votre travail?
Il faut déjà parler anglais couramment. C'est vraiment crucial, quoiqu'on fasse dans la musique. Il faut également avoir une sorte d'idée générale de ce qu'il se passe, et ça, c'est très compliqué. Souvent on rencontre des gens spécialisés dans un domaine qui ne se rendent pas compte de ce qu'il se passe ailleurs, Ce n'est pas vraiment grave, mais c'est quand même ce qu'on attend d'un journaliste. En tout cas il vaut mieux être passionné par la musique, il faut vraiment que ce soit une passion dévorante. Parce que si vous faites ce métier pour l'argent ce n'est pas du tout vers ça qu'il faut se diriger.
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| Et si c'était ça, être rock en 2011? |
Merci à Philippe Manoeuvre d'avoir pris quelques minutes pour répondre à mes questions. Keep rockin' guys !






