30 mars 2011

Philippe Manoeuvre


Philippe Manoeuvre a toujours la "banane"... du Velvet














Philippe Manœuvre, devenu une star grâce à son rôle de juré dans l'émission de télé-réalité A La Recherche De La Nouvelle Star, est surtout le rédacteur en chef du magazine Rock & Folk. Il a eu la gentillesse de prendre quelques minutes pour répondre à nos questions. Qu'on l'aime ou non, il faut tout de même avouer qu'il est fort en la matière. Rencontre avec la Bible française du rock.

Tout d'abord, quelles sont les études que vous avez faites pour en arriver où vous en êtes aujourd'hui?
Eh bien, j'ai passé mon Bac en 1972 pour ensuite faire partie de l'école française des attachés de presse, d'où je suis diplômé. J'ai commencé à écrire chez Rock&Folk en 1973 au courrier des lecteurs.

Pour ces études, êtes-vous parti à l'étranger?
Je suis parti à New York pendant six mois, ce qui fait que je parle couramment anglais. Après je suis allé un peu partout. Allemagne, Angleterre, Etats-Unis, etc.

Avez-vous toujours eu envie de faire ce métier?
J'ai toujours eu envie de faire quelque chose qui se rapportait à la musique et au rock en particulier. Quand j'ai eu cette idée d'être critique rock en 1973, j'ai eu beaucoup de chance puisqu'il n'y avait pas autant de chômage, et on m'a donc un peu laissé faire « mon trou » dans le métier. Je venais a Rock&Folk souvent pour discuter avec les journalistes, pour comprendre comment ça se passait. C'était vraiment un journal qui me fascinait et je trouvais ça bien écrit. Aujourd'hui je continue à chercher de jeunes gens passionnés par la musique; c'est intéressant. En tout cas, il est vrai que je n'aurais jamais imaginé un jour être rédacteur en chef de ce magazine.

De ce fait, je suppose que vous aimez votre travail?
Évidemment.

Quelles sont les tâches que vous effectuez chaque jour?
Vous savez ce n'est pas très compliqué. Il faut définir le prochain numéro, définir la couverture, hiérarchiser l'information. Je dois gérer toute une équipe, leur dire ce qu'ils doivent faire, comment faire, les corriger si besoin. C'est un peu en quelque sorte un « boulot » d'instituteur. On va également voir nos amis les maisons de disques, pour écouter ce qu'elles nous proposent.


Le rythme de vie n'est-il pas difficile avec un métier comme le votre?
Non, pas vraiment. Et puis il faut savoir que j'ai fait tout ça par amour pour la musique, pour pouvoir rencontrer tous ces grands musiciens, pour en savoir plus sur eux. Je ne me voyais pas trop faire autre chose. Vous savez, je suis un peu comme Bertrand Cantat, je ne sais rien faire d'autre.

Pensez-vous faire ce métier toute votre vie?
J'ai 56 ans, je n'ai pas changé, je suis toujours le même. Faire ce travail, c'est mon quotidien, c'est ma passion. Je ne compte pas arrêter maintenant.

On vous connait également en tant que scénariste de bandes dessinées et pour votre participation à la Nouvelle Star. Cette diversification des métiers, c'est un choix?
En dehors de mon métier de rédacteur en chef, le reste n'est que propositions. Ce ne sont pas du tout des choix de carrière. En tant que rédacteur en chef de la revue de bandes dessinées de science fiction Métal Hurlant, j'ai reçu pas mal de propositions pour être scénariste. Pour la Nouvelle Star, on m'a contacté, pour me dire que les gens chantaient de plus en plus de rock, et qu'il leur fallait l'avis de quelqu'un qui s'y connaissait.

Pour interviewer les artistes, est-ce que vous vous déplacez beaucoup à l'étranger? Ou cela se fait-il la plupart du temps à Paris?
Il y a autant de cas de figures qu'il y a d'artistes. La semaine prochaine on a quelqu'un qui fonce à New York voir les Kings Of Leon, et il y a Keith Richards qui vient à Paris. C'est comme ça pour chaque artistes et chaque groupes.

Et selon vous, quel est ou quels sont les espoirs du nouveau rock français? Les BB Brunes peut-être?
Ecoutez c'est bien parti pour eux. Ils sont là en ce moment et ils s'éclatent, ils font une bonne tournée, de bons concerts. Ils sont sortis de cette petite vague du Gibus qui a duré 3 ans. Entre les Naast, les Second Sex, les Plasticines ou même encore les Prostitute, ce sont les BB Brunes qui ont été choisis, mais ça ne nous a pas surpris outre mesure. Je vais vous dire, à mon époque, il s'est passé la même chose avec Téléphone et d'autres groupes, et c'est Téléphone qui a été choisi. C'est toujours comme ça que ça se passe. L'avenir des BB Brunes est entre leurs mains en ce moment. En tout cas la musique avait besoin d'eux. Et nous à Rock&Folk on en avait besoin aussi, malgré notre respect, pour les Stones, Bowie ou autres, qui ont quand même 60 ans. Les BB Brunes sont venus tous seuls. Au Gibus tous se croyaient seuls, aucun ne pensait aux autres groupes. Notamment les BB Brunes. Ils croyaient vraiment qu'ils étaient les derniers. Quand ils sont arrivés au Gibus je me souviendrai toujours de leurs têtes. Ils voyaient qu'il y en avait d'autres, pleins de gamins lookés comme eux.

Quels conseils pourriez-vous donner à des jeunes comme moi qui aimeraient faire votre travail?
Il faut déjà parler anglais couramment. C'est vraiment crucial, quoiqu'on fasse dans la musique. Il faut également avoir une sorte d'idée générale de ce qu'il se passe, et ça, c'est très compliqué. Souvent on rencontre des gens spécialisés dans un domaine qui ne se rendent pas compte de ce qu'il se passe ailleurs, Ce n'est pas vraiment grave, mais c'est quand même ce qu'on attend d'un journaliste. En tout cas il vaut mieux être passionné par la musique, il faut vraiment que ce soit une passion dévorante. Parce que si vous faites ce métier pour l'argent ce n'est pas du tout vers ça qu'il faut se diriger. 

Et si c'était ça, être rock en 2011?








Merci à Philippe Manoeuvre d'avoir pris quelques minutes pour répondre à mes questions. Keep rockin' guys !

26 mars 2011

Yodelice



Le concert est censé commencer à 21h. Dans le public, une seule question sur toutes les lèvres. Y aura-t-il une première partie ou non? Certains disent que oui, d'autres pas. Verdict? Aux environs de 20h30, une petite blonde du nom d'Ornette (son myspace, ici!) arrive sur scène, seulement accompagnée de son clavier.  Elle nous quitte au bout de 30 minutes, sous les applaudissements d'un public conquis. Puis c'est le noir complet. Entrent en scène les 4 garçons du groupe, accompagnés des accords de Breathe In.  Dès les premières minutes du show, le public est transporté par la voix du chanteur charismatique Maxim Nucci.  Malgré quelques coupures de courant, le groupe a su gérer le problème, aidé par le public qui continuait de chanter. A regarder Maxim, on aurait pu croire que c'était une des rares fois où son public était aussi présent avec lui. Ça a donné une toute autre dimension au concert, ça l'a rendu plus vivant. A quelques chansons de la fin, voila que Monsieur Nucci descend de scène pour se faufiler dans la foule, bougeant en rythme avec la musique. Et le groupe s'en va.  Le public en redemande, encore et encore. On ne voit réapparaitre que Maxim, qui entame Talk To Me, chanson que l'on a pu entrendre dans le film Les Petits Mouchoirs de Guillaume Canet. Et là, plus un bruit de la part du public. On est tous subjugués par la voix du chanteur qui s'élève dans la salle. Le groupe revient, ils jouent encore deux chansons, et c'est définitivement la fin du concert. Les lumières se rallument, et tout le monde s'en va. Tout le monde, ou presque. Il reste une dizaine de personnes dont nous faisons partie. Après avoir été baladés dans tous les sens par les vigiles, après avoir attendu deux heures dans le froid, Maxim Nucci sort enfin. Quelle joie de voir un artiste qui prend vraiment du plaisir au contact de ses fans! Car oui, Monsieur prend le temps de faire des photos, de signer des autographes, et tout ça dans une atmosphère détendue. Que demander de plus pour finir ce concert en beauté?




7 mars 2011

F.M.R.

Rencontre avec Maxime, jeune guitariste au talent prometteur et aux compositions pleines de fraîcheur.

Liv: F-M-R? Pourquoi ce nom?

Maxime: Mon pseudo, F-M-R, je l'ai trouvé il y a à peu près 6 ans, quand j'ai commencé à écrire de plus en plus (prose, slams et autres). Je signais également mes dessins sous ce pseudo pendant une longue période. J'aimais bien le concept du jeu de mot avec simplement la sonorité des lettres. Puis justement le mot "éphémère" défini assez bien notre temps : rien n'est fait pour durer, les gens consomment à la chaîne et nous sommes seulement de passage.




L: Tu commences à avoir pas mal de succès... 4300 fans sur ta page Facebook, 42800 lectures sur ton Myspace... Comment en es-tu arrivé là?
M: Tout simplement. Je composais quelques chansons et à mon écoute une amie m'a poussé à diffuser ça sur le net. J'ai donc créé un Myspace (ici) et j'ai posté quelques démos sans aucune prétention. Dès les premières écoutes, cela a rassemblé beaucoup de monde. Maintenant, j'utilise Facebook comme moyen de promotion de ma musique. Le bouche à oreille et les scènes on fait le reste je pense. En tout cas, je trouve toujours cela assez hallucinant et ça fait vraiment chaud au coeur d'être soutenu par tout ce monde depuis un an et quelques mois.




L: Tu te produis déjà dans la région parisienne pour la plupart du temps. Des projets dans le reste de la France? En Moselle par exemple? 
M: Je commence à faire pas mal de scènes également dans la région Orléanaise et j'ai également pas mal de contacts pour jouer ailleurs: Belgique, Suisse, mais aussi Rennes, le Havre, Paris, Nancy, Lyon... J'aimerai beaucoup jouer en Moselle. J'ai d'ailleurs failli jouer à L'Embu à Forbach.




L: Tu es seul avec ta guitare. Aucune envie de monter un groupe? Pas même d'avoir un ou deux autres musicos avec toi?
M: J'aimerai avoir une petite formation autour de moi pour jouer les arrangements en live et même composer des morceaux ensemble: un(e) pianiste, une choriste et des percus légères. D'ailleurs une seule et même personne peut être pianiste et choriste en même temps. Je suis ouvert à toutes propositions. En tout cas, je bosse déjà sur les arrangements en ce moment. J'ai beaucoup d'idées.


L: Quels sont tes projets pour les mois à venir?
M: Je compte sortir un album autoproduit d'ici la fin de l'année. Cela s'appellera "Behind the clouds". Et 14 titres sont prévus avec de jolis arrangements déjà prêts pour certaines compositions. Il y aura même un titre en duo.


5 mars 2011

Greenwich Cavern


GREENWICH CAVERN - REPETITIONS PURE POWER TOUR
envoyé par galaxie57. - Regardez d'autres vidéos de musique.

Le groupe mosellan vient de sortir son premier album. J'ai pu rencontrer Eric Revel, leur bassiste, au Galaxie d'Amnéville.

Liv: Depuis quand le groupe existe-t-il? Et pourquoi le nom de Greenwich Cavern?
Eric Revel: Depuis 2009. Nous avions fait un concert à New York, avec quelques membres du groupe. On a alors décidé de monter une autre formation qui serait inspirée du rock des années 70. Led Zeppelin, des choses comme ça… Et on était à Greenwich village, dans un bar qui s'appelait la Caverne. Donc on s'est appelé les Greenwich Cavern.

L: Pourquoi avoir décidé de faire de la musique en groupe?
E.R: Parce que tout seul on s'ennuie un peu. Je suis rockeur, et le rock, ça se fait en groupe.

L: Avez-vous toujours eu envie de faire de la musique?
E.R: J'ai toujours été musicien. J'ai commencé l'accordéon à l'âge de 6 ans. De l'accordéon, je suis passé au tuba, du tuba au trombone à coulisse, pour ensuite faire de la trompette. J'ai fini avec la basse. 

L: Jamais de guitare?
E.R: Si bien sûr. Mais au départ ma formation c'est accordéon, tuba… tout ce qui était "bas". L'avantage quand tu es bassiste, c'est que tu achètes ta basse le jeudi, tu joues dans un groupe le vendredi, et tu fais un concert  le samedi.

L: Quelles sont vos influences musicales?
E.R: Led Zepp, Deep Purple, Genesis, Abba… Abba avait un sens du rythme incroyable! Sinon j'écoute beaucoup de musique classique aussi! Mozart, Beethoven… 
Par contre en français… Ah si, il y a eu Johnny  Hallyday, qui, à un moment, rentre dans la vie de tous les français. Et aujourd'hui, il y a un mec qui m'fait bien kiffer. C'est Calogero.

L: Pas même Téléphone?
E.R: Téléphone non… Parce que moi à l'époque de Téléphone, j'étais punk. J'étais plus Sex Pistols qu'autre chose quand ils sont sortis.

L: Vous venez de sortir votre premier album, Other Side. Comment les musiques vous ont elles été inspirées?
E.R: Ça vient comme ça. L'autre jour j'ai écris un truc sur Jack Bauer. J'étais devant ma télé aux Etats-Unis et je regardais Jack Bauer, et je me disais, putain c'est bien ça! Ce qu'il vit en 24h, il nous faudrait toute une vie à nous. Ça m'a donné envie d'écrire une chanson sur le super héros américain qu'il est. Dans le même ordre, j'ai écris American Life alors que j'étais au McDo. Parfois, la nuit je me réveille avec une chanson dans la tête, alors je me lève et puis j'écris mes chansons. Après, j'ai mon équipe qui m'aide, dont mon complice Marko Balland, qui est à l'heure actuelle l'un des 10 meilleurs harmonicistes de France. On a également Dom Colme qui nous a rejoint, qui est aussi une légende du rock'n'roll en France.

L: Quelle est l'actualité Greenwich Cavern? 
E.R: On fait une mini-tournée de 6 jours, du 22 au 26 mars, avec entre autre les premières parties de Louis Bertignac au Casino d'Amnéville et de Ten Years After à la Passerelle à Florange. Après nous partons en studio pour préparer le deuxième album. On jouera également pour Harley Davidson a St Tropez, pour qui on partira certainement en tournée. Et on attend une tournée mondiale à partir de Novembre.






Leur site: ici




2 mars 2011

Jeff Beck


Qui n'a jamais rêvé de voir un grand guitariste en concert? Le Galaxie d'Amnéville nous a fait l'honneur de recevoir Jeff Beck le vendredi 29 octobre 2010. Et évidemment, j'y étais.

On entre dans la salle, et, surprise, elle est remplie de sièges. What the fuck? Un concert de Jeff Beck assis? C'est une blague? Et bien non. 20H30, les lumières s'éteignent et les Hillbilly Moon Explosion entrent en scène. Un groupe de vieux rock des années 50, que l'on écouterait encore plus volontiers dans un bar de Memphis, Tennessee. L'ex-guitariste des Yardbirds a du goût pour ses premières parties. Après un court show d'une demi heure, les quatre rockeurs laissent place au guitariste tant attendu, accueilli par les cris et les applaudissements du public. Il commence à jouer. C'est une évidence, monsieur Jeff Beck est un Dieu de la guitare. Il faut dire aussi que la nouvelle Jeff Beck Band est tout simplement incroyable, avec une bassiste qui assure. Au bout d'une heure trente de show, monsieur quitte la scène, sous une fuckin' standing ovation du public. Quand il revient, c'est là que le vrai concert commence. puisque le public est enfin debout. Et quel moment! Une chose est sure: Hendrix est mort, mais heureusement, Beck est là pour rattraper le coup.